L’île de Djerba située dans le golfe de Gabès,  à 500 km au sud-est de Tunis, est la première destination touristique en Tunisie.

Ile de Djerba

Ile de Djerba

«Le nombre le plus important de touristes qui visitent la Tunisie sont les Algériens. Malheureusement, peu d’entre eux connaissent notre île».
Djerba, haut lieu de villégiature et d’escapade, est la plus grande île des côtes nord-africaines. «C’est l’endroit le plus fréquenté par les étrangers qui viennent, à longueur d’année, de plusieurs pays européens», nous dira, avec un large sourire et une touche de fierté dans sa voix, un taxieur rencontré à Houmet Souk, capitale de l’île.

Djerba est une île d’une beauté exceptionnelle.  Sa splendeur laisse celui qui s’y rend pour la première fois hypnotisé. Pour rallier ses rives par voie terrestre, il n’y a que deux chemins. Soit du côté de sud-ouest, à partir d’Ajim à Jorf par un bac, ou bien du côté sud-est, d’El Kantra à Zarzis, par une voie de 7 km, dont la construction remonte au IIIe siècle avant J.-C. Les embarcations font la navette sur une distance d’une dizaine de kilomètres, soit presque plus de 16 heures par jour. Ils transportent des véhicules, des voyageurs, du  bétail…

La première ville qui accueille le visiteur est Houmet Souk, capitale de l’île. Ses habitants sont d’une modestie exemplaire est d’une hospitalité légendaire. «La culture du tourisme est très bien inculquée chez nous. Le comportement des habitants de Djerba y est pour beaucoup dans la réussite du tourisme, qui est depuis les années 1970, la première activité sur cette île», dira avec fierté Selma, réceptionniste dans un hôtel.

Une fois les pieds sur l’île, l’air iodé ne quitte jamais les narines. Djerba, d’une superficie de 514 km2 et qui abrite environ 150 000 habitants, est une île semi-désertique. Elle a été colonisée depuis la nuit des temps par plusieurs envahisseurs : les Romains, les Turcs, jusqu’aux Français.

140 hôtels pour le confort des touristes
Après la révolution du 14 janvier dernier qui a poussé Ben Ali et son clan à quitter le pouvoir, le tourisme a pris un sacré coup à Djerba en particulier, et en Tunisie en général après trois décennies d’essor. Une chute qui s’est répercutée négativement sur l’économie nationale.

«Ethawra  (la révolution) a laissé des séquelles très profondes en Tunisie. Les touristes, à cause de l’instabilité politique, craignaient de venir en Tunisie. L’activité touristique a connu une chute libre cette année.  Mais Dieu merci, les visiteurs commencent à revenir timidement.

Et je suis sûr que l’année prochaine,  nous allons réussir à remettre le tourisme sur les rails comme au bon vieux temps», espère Farid, propriétaire d’un restaurant à Aghir. En fait, ce n’est pas les potentialités naturelles qui manquent. Djerba dispose, à elle seule, d’une vingtaine de kilomètres de plages sablonneuses, situées essentiellement du côté oriental de l’île.

Un sable d’une blancheur unique sur les rives des côtes méditerranéennes. Les plages les plus connues sont : Sidi Mahrez, Sidi Hachani, Sidi Bakkour, pour ne citer que celles-ci. Des hôtels huppés, de quatre à cinq étoiles, ornent les lieux avec une architecture en harmonie avec la topographie de la région.
Il existe 140 hôtels touristiques sur l’île de Djerba.

L’île est dotée aussi d’un aéroport international «Djerba-Zarzis» et d’importantes infrastructures routières qui tissent toutes les agglomérations et villes de l’île. Ce n’est pas un hasard alors si c’est cette île qui constitue la première destination touristique pour les touristes européens en Tunisie. «Je viens passer mes vacances ici  chaque année entre les mois de septembre et octobre. Je ne vous cache pas que je suis tombée amoureuse de cette île.

Outre  sa beauté et ses infrastructures touristiques haut standing, son climat doux est unique sur cette planète», dira Stéphanie, une Française qui revient sur cette île passer ses vacances depuis plus 10 ans maintenant, comme dans un lieu de pèlerinage. Les plages et les sites touristiques sont peuplés de Russes, Serbes, Irlandais, Allemands, Autrichiens, Libanais, Indonésiens, etc., mais  aussi des Américains.

Autre chose remarquable qui caractérise cette l’île de beauté et de rêve : la protection de l’environnement. La préservation de Dame nature est une religion chez les djerbiens. Les citoyens et les pouvoirs publics veillent à la propreté de leur île, qu’ils préservent jalousement. Par exemple il était interdit, jusqu’aux années 1970, d’introduire une bouteille ou un sachet en plastique sur l’île afin de bien préserver l’environnement. Les habitants sont contraints de porter avec eux au marché les couffins traditionnels.

Les Djerbiens, ces amazighs et fiers de l’être
Djerba est peuplée de 150 000 habitants environ. Quel ne fut notre étonnement en découvrant que plus de la moitié d’entre eux utilisent à ce jour la langue berbère dans leur quotidien. Un berbère très proche du kabyle,  phonétiquement parlant. Une langue qui a résisté des siècles durant à la  marginalisation. «Nous sommes des amazighs et fiers de notre origine.

Le berbère est la langue des autochtones de cette île depuis des temps immémoriaux. Et nous sommes aussi des musulmans. Je trouve que c’est absurde de renier son origine pour un motif religieux. C’est contraire à l’essence de l’islam.

C’est très grave de limiter la religion musulmane à la langue arabe. Notre religion est universelle et des peuples de différentes origines et ethnies sont des musulmans depuis des siècles. L’islam, nous l’avons dans nos cœurs et dans nos pratiques. Jusqu’aux années 1950, les amazighs de Djerba et des autres régions berbérophones de Tunisie se rendaient en Arabie Saoudite à pied, pour accomplir le cinquième pilier de l’islam.

Alors l’argument de reniement de l’identité berbère en Afrique du Nord est faux et obscurantiste», dira Fardid, un jeune djerbien militant de la cause amazighe.  Les Djerbiens sont fortement attachés à leurs traditions culturelles, religieuses, vestimentaires, culinaires et artisanales.

«Les habitants de cette île  sont ouverts à la modernité tout en restant très fortement liés à leurs traditions et principes religieux», explique Samir, étudiant dans une école touristique de Midoun.
Il est utile de signaler que pas moins de 20 000 juifs arabes cohabitent aussi à Djerba avec le reste de la population.

Ils possèdent une synagogue pour les pratiques cultuelles.  La plupart sont des commerçants et des artisans. Les Libyens aussi sont omniprésents. Ils sont environ 15 000 à s’être installés sur cette île.

source : letempsdz.com

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3 commentaires on Une destination à découvrir L’île de Djerba

  1. [...] Le drapé classique du houli est exclusif de Djerba ; l’étoffe se place autour du corps, au-dessus de la hassara, en prenant les deux extrémités supérieures passées chacune au-dessus d’une épaule sans trop serrer pour disposer de suffisamment d’étoffe pour se couvrir la tête. Des plis d’environ cinq à six centimètres chacun sont formés avec la partie centrale de l’étoffe qui couvre la partie antérieure du corps. Au moyen d’une grosse broche ou d’une grosse épingle (kh’lal), les plis et les extrémités de l’étoffe sont attachés ensemble pour retenir le houli. Le houli couvre alors le corps des épaules à la moitié des chevilles et permet de couvrir également la tête. Le houli peut être blanc — il se porte alors pour sortir dans la rue et s’attache sur le côté avec une seule des deux extrémités supérieures épinglée aux plis — ou coloré et se porte à l’intérieur en s’attachant au milieu de la poitrine, les deux extrémités supérieures étant fixées par le kh’lal sur les plis.  [...]

  2. [...] Le chameau magique est une poterie artisanale en argile typique de la Tunisie, et en particulier de l’île de Djerba. Le sujet représenté est un dromadaire à une bosse et non un chameau comme son nom tendrait à [...]

  3. [...] La hassara est un habit traditionnel porté par les femmes de Djerba en Tunisie. Mariée djerbienne portant hassara et boundi – Souad Anane [...]

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